• Afrique australe

    Afrique australe

    Les peuples autochtones de l’Afrique australe sont les San et les peuples Khoikhoi. Récemment le peuple Himba revendique son autochtonie. Les peuples San sont divers culturellement et linguistiquement. Avant la colonisation, ils étaient répartis de la Pointe du Cap jusqu’en Angola et au Malawi; Aujourd’hui, ils vivent principalement dans la région du Bassin du Kalahari du subcontinent, principalement en Namibie, au Botswana, en Afrique du Sud et en Angola avec quelques petites communautés à l’Ouest de la Zambie et du Zimbabwe.

    Les peuples San comprennent beaucoup de communautés linguistiques comme les Ju|'hoansi, !Kung, !Xun, Khwe, ||Anikhwe, Naro, !Xõó, ‡Khomani et Tyhua. Il y a trois grandes familles de langues parlées par divers peuples San: le Ju (au Nord), Khoé (au centre), et !Ui-Taa (au Sud). Les Khoikhoi comprennent les peuples Nama et Griqua. Le Khoikhoi fait partie de la famille linguistique Khoé-San et est toujours largement parlé au Sud de la Namibie.

    D’autres peuples font l’usage des cadres des droits des peuples autochtones sur les bases de leurs origines, leur marginalisation actuelle ou leur association avec des cultures et des pratiques économiques traditionnelles. Ces peuples sont, entre autres, le peuple pastoral Himba des régions arides du Nord de la Namibie, certains peuples Baster en Afrique du Sud et en Namibie, les peuples revivalistes Cape Khoi et les mouvements Korana en Afrique du Sud. Les peuples Venda en Afrique du Sud qui reconnaissent que les Khoi et les San les précèdent historiquement et qui soulignent leur adhérence à leurs paysages et cultures traditionnels. Les peuples Damara de la Namibie parlent une langue Khoé et ont un héritage de chasse et de cueillette.

    Les peuples San sont les descendants directs des premiers peuples du Sud de l’Afrique avec une ascendance qui remonte jusqu’à l’origine la plus ancienne de l’humanité. Ils ont existé pour des dizaines de milliers d’années dans cette région avant l’arrivée d’agro-pastoraux Bantouphone d’Afrique de l’Est et Centrale. La migration Bantou s’est faite principalement par un corridor à l’Est et consiste aussi en quelques migrations à travers l’Angola jusqu'à l’Ouest. Les premiers contacts entre ces peuples ont donné lieu à beaucoup de mariages mixtes entre les peuples Xhosa, San et Khoi. Les peuples Xhosa ont intégré une quantité importante de la langue et de la culture des peuples autochtones.

    Les colons européens se sont avérés très violents. Ils ont saisi les terres autochtones, ont forcé les peuples Khoi au travail de ferme, ont commis des actes violents contre les peuples Khoi et San à leurs frontières et ont introduit des maladies dévastatrices dans la région. L’impact des colons européens au Sud de l’Afrique a mené à une destruction presque complète des civilisations San dans ce pays. Les langues autochtones ont presque toutes été détruites au Sud de l’Afrique bien qu’elles restent marginalisées mais qu’elles soient quand même plus robustes que dans d’autres pays.

    En terme colonial, les peuples San étaient désignés sous le nom de « Bochimans» et les Khoikhoi sous le nom de « Hottentots ». Les deux termes sont considérés comme offensifs aujourd’hui. Il y a beaucoup de termes Bantou désignant les peuples autochtones comme les Baroa, Basarwa, Abathwa et Batwa.

    Aujourd’hui, il y a quelques 90 000 San qui vivent dans la région et plus de 100 000 Khoikhoi. Les San sont largement marginalisés économiquement avec un accès limité à l’éducation formelle. Il y a relativement peu de Sans qui détiennent un enseignement supérieur; la majorité vivent dans des situations de pauvreté et de marginalisation.

DROITS DE L’HOMME

Angola

En Angola, les problèmes actuels auxquels font face les peuples San sont, entre autres, l’insécurité alimentaire, la marginalisation de l’éducation (il leur est impossible d’utiliser leurs propres langues), l’accès à l’eau propre, les services médicaux, le manque de documents d’identité officiels et les menaces à la préservation de leurs modes de vies. Un nombre de San en Angola vivent dans des situations de régime foncier imprécises à coté de zones protégées.

Dans le Sud de l’Angola, le Groupe de travail sur les minorités autochtones d’Afrique Australe (WIMSA) a travaillé avec des ONG chrétiennes locales pour établir un contact avec les communautés !Xun et Khwe. Un grand nombre de San ont été tués ou menés à l’exile durant la guerre civile en Angola. À présent, ils se trouvent marginalisés de l’économie politique avec peu de reconnaissance de leurs identités et de leurs droits en tant que peuples autochtones.

Botswana

Le Botswana a un problème constitutionnel concernant la reconnaissance des peuples autochtones. Le problème est ancré dans la Constitution de l’indépendance de 1966 dans laquelle seuls certains groupes ethniques sont reconnus officiellement et peuvent être chefs, ce qui est la fondation du système national politique.

La séparation a été établie dans la Loi de « Chieftainship » (chefferie traditionnelle) qui déclare que les « tribus principales » sont définies en tant que Bamangwato, Batawana, Bakgatla, Bakwena, Bangwaketse, Bamalete, Barolong, Batlokwa et parlent le Setswana. Les sections 77, 78 et 79 de la constitution garantissent l’adhésion de huit chefs parlant Setswana à la Chambre des chefs, tandis que les groupes minoritaires sont représentés par trois membres sous-chefs. Les peuples autochtones et les autres groupes minoritaires ethniques étaient exclus du système de « Chieftainship » et par conséquent de la fondation du gouvernement rural.

L’acte 9 de Bogosi de 2008 devait aborder la question des pratiques discriminatoires dans l’acte de « Chieftainship ». Les résultats n’étaient pas satisfaisants car les chefs des provinces occidentales n’ont pas reçu le statut de chefs héréditaires Tswana et par conséquent, ne représentent pas des électoraux spécifiques. Le problème est que ceux-ci sont des points de rencontre politiques essentiels. Le Comité de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale des Nations Unies (CERD) a observé que la constitution modifiée reproduit la position discriminatoire liée à la séparation des groupes ethniques dans la Chambre des Chefs.

En 2006, il y a eu une victoire judiciaire significative au Botswana autorisant les San à retourner sur leurs terres dans la Réserve de chasse du Kalahari Central. Le gouvernement avait déplacé les peuples de leur territoire traditionnel, certains avaient reçu des compensations, d’autres ont été forcés à se délocaliser. Le processus de relocalisation a laissé ces communautés vulnérables, avec une infrastructure améliorée mais sans moyens appropriés de subsistance ou d’eau. La Cour a conclu que les déplacements forcés des peuples autochtones ont menacé non-seulement leurs droits mais aussi leur existence.

Un secteur important de mécontentement et de discrimination présumée dans les territoires San est le comportement des Conseils des terres qui déterminent comment les communautés peuvent utiliser temporairement leurs terres. Les pratiques traditionnelles des San (la chasse, la pêche, la cueillette de nourriture sauvage) sont illégales ou impossibles sur la base des droits fonciers.
L’usage actuel des terres pour la conservation est très difficile à réaliser s’il y a compétition avec des groupes Bantou plus puissants économiquement et politiquement.

Par conséquent, la plupart des San déplacés de la Réserve de Chasse du Kalahari Central n’ont pas pu retourner sur leurs terres. Il y a toujours des problèmes au sujet de l’entrée d’anciens résidents dans la réserve. En 2014, certains San qui se trouvaient dans la zone protégée n’ont pas eu de médicaments, comme ceux pour le VIH ou la tuberculose et étaient sujets à des harcèlements aux limites de la réserve. L’opinion du gouvernement est que tous ses citoyens sont traités de manière égale car il fournit des logements, de l’eau et des écoles dans les zones rurales éloignées. Le gouvernement essaie cependant de pousser les communautés en dehors des zones protégées dans des nouveaux villages disposant de ces aménités centralisées.

Droits Autochtones et Site de Patrimoine Mondial de l’UNESCO

La Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO de 1972 est un mécanisme important pour reconnaître et conserver les sites icônes des Valeurs universelles. Le Botswana a réussi à faire que le Delta de l’Okavango soit inscrit comme 1000ème Site de Patrimoine mondial en 2014. L’inscription était unique car elle reconnaissait les diverses minorités ethniques du territoire et comprenait la reconnaissance spécifique des peuples autochtones San (Khwe et ||Anikhwe) en tant que natifs au territoire et détenteur d’un patrimoine culturel important à l’intérieur de la zone du Site du patrimoine mondial.

L’inscription et l’approche progressive du gouvernement botswanais ont attiré l’attention des agences et des acteurs internationaux  y compris du Rapporteur spécial sur la culture à l’ONU, Fareeda Shaheed, qui a conduit une mission officielle au Botswana en 2014.

En 2013, l’IPACC a organisé un atelier sur l’inscription au Patrimoine mondial pour les chefs des peuples San de Namibie et du Botswana. Les San du Botswana ont choisi d’approuver l’inscription mais ont soulevé des inquiétudes face à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un des organes consultatifs officiels.

En 2015 et 2016, l’IPACC a coopéré avec le Trust for Okavango Cultural and Development Initiatives (la Fiducie pour les initiatives de développement et les initiatives culturelles de l’Okavango, TOCADI) et la Famille Kuru des Organisations (KFO) pour conduire un atelier de post-inscription à Maun et à Khwai. La réunion s’est intéressée aux questions de gouvernance et des Droits de l’Homme liées aux deux sites du Patrimoine mondial au Botswana: les Collines de Tsodilo et le Delta de l’Okavango.

Namibie

Les peuples autochtones de Namibie sont, entre autres, les San, les Nama, les Himba, les Zemba et les Twa. Certains peuples de la communauté Baster revendiquent aussi leur identité autochtone. Les Damara sont des peuples parlant le Khoekhoegowab avec un patrimoine de chasseurs-cueilleurs mais ne revendiquent pas particulièrement leur identité autochtone. Le Président de l’état actuel est le premier Damara à occuper cette position.

Il y a entre 27 000 et 34 000 San qui représentent entre 1.3% et 1.6% de la population nationale. Les communautés San ont peu d’accès aux services et aux ressources de l’état. Elles sont parmi les plus pauvres communautés en Namibie. Certaines langues San font partie du curriculum officiel national tandis que d’autres (le Khwedam) ne sont pas reconnues. La situation sur les autorités traditionnelles est similaire.

Le peuple Nama (Khoikhoin) compte plus de 100 000 personnes et a une représentation au gouvernement. Certaines communautés Nama vivent de l’élevage de moutons. Les impacts du changement climatique sont extrêmes dans le Sud du pays. Les communautés Nama demeurent concernées par leur marginalisation politique et culturelle bien que leur langue et les autorités traditionnelles soient officiellement reconnues par l’État.

Bien que les San soient toujours dans une situation vulnérable et soient sous-représentés comparés à leurs voisins qui parlent le Bantou et la minorité blanche, les attitudes à Windhoek changent de plus en plus. Le nouveau Cabinet de son Excellence le Président Hage Geingob a établi un Ministère des affaires des vétérans et des peuples marginalisés. Le Ministère est directement responsable du travail avec les peuples autochtones. Le Député Ministre Royal |Ui |O|oo est le premier homme San occupant une position si élevée au gouvernement national.

Les ONG jouent également un rôle et le cadre national pour les conservations communautaires fournit un cadre important au gouvernement équitable des ressources naturelles et des régimes fonciers. Le Développement intégré et rural pour la conservation de la nature (IRDNC) et l’Organisation mondiale de protection de la nature en Namibie ont joué un rôle significatif en aidant les communautés San et Himba. Le WWF soutient le renforcement des capacités et l’éco-tourisme lié à l’usage durable, traditionnel et commercial des ressources naturelles des communautés San dans plusieurs régions de Namibie.

L’IPACC a deux programmes opérant en Namibie. Le projet principal est d’aider les San, les Nama et les Himba à établir une plateforme nationale namibienne pour les peuples autochtones afin de prendre part dans le plaidoyer sur les droits autochtones et de dialoguer avec le gouvernement national. L’IPACC a aussi travaillé avec ses membres et partenaires ONG pour promouvoir la reconnaissance, l’évaluation et la certification du savoir traditionnel sur la biodiversité, particulièrement sur la capacité de dépister les animaux sauvages. Récemment, l’IPACC a initié un travail avec les peuples autochtones sur les politiques nationales concernant le changement climatique et sur les questions des Droits de l’Homme.

L’IPACC a travaillé avec le Centre d’aide légale (LAC) et le bureau namibien du Médiateur pour lancer le rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et sur les libertés fondamentales des peuples autochtones (UNSR). Le gouvernement de Namibie a répondu positivement aux résultats du rapport et l’IPACC planifie de travailler avec les organisations membres et les partenaires pour renforcer une campagne nationale de plaidoyer, s’appuyant sur les résultats clé du rapport.

En 2014, l’IPACC a organisé une réunion consultative en Namibie dans laquelle les délégués des communautés Nama, Himba et San ont établi avec succès un cadre pour une plateforme de plaidoyer. Le comité directeur s’est réuni de nouveau en juillet 2015 et a conclu que l’engagement des peuples autochtones namibiens avec leurs représentants gouvernementaux et autres acteurs est nécessaire pour adresser les questions indiquées dans le rapport du Rapporteur spécial. L’IPACC propose de développer des outils pour renforcer les plateformes nationales pour le plaidoyer autochtone en RDC, en Afrique du Sud, au Tchad et au Kenya basé sur le modèle namibien.

Afrique du Sud

Les peuples autochtones d’Afrique du sud sont les trois peuples San (!Xun, Khwe, ‡Khomani) et les Khoekhoe, y compris les Nama et les Griqua. Un mouvement revivaliste des peuples descendants des Khoe se mobilise pour réclamer leurs identités qui avaient souffert pendant la période coloniale et celle de l’apartheid en Afrique du Sud. Les peuples Venda ont aussi réclamé leur identité autochtone se basant sur leur adhésion à leur culture traditionnelle.

La population totale de l’Afrique du Sud est estimée à environ 50 millions de personnes bien que les peuples autochtones n’en comprennent que 1%. La constitution sud-africaine est considérée comme une des plus progressives au monde. Elle est basée sur un suffrage universel, sur les Droits de l’Homme, sur la non-discrimination, sur le droit à l’auto-détermination et sur des mécanismes pour redresser les injustices raciales du passé. La constitution de l’Afrique du Sud a adopté l’idée de justice restauratrice, bien qu’en pratique, l’exécution soit mitigée, les différentiels de pauvreté augmentant plus que diminuant sous le régime démocratique actuel.

Le cœur de la tension entre les peuples autochtones et la République d’Afrique du Sud est lié aux processus législatifs coloniaux qui ont privé les peuples autochtones du droit vote et ce de manière différente que pour la majorité noire. Parmi ces processus, l’Acte des Terres Natives (Native Land Act) de 1903 a enlevé leurs terres aux peuples noirs tandis que la plupart des terres Khoi et San ont été annexées avant 1903.  Le régime démocratique a fixé la date limite pour la restitution des terres à 1903, condamnant les peuples autochtones à être exclus de la restitution de la terre et de la réparation constitutionnelle.

Pendant l’apartheid, toutes les identités autochtones ont été enlevées des registres publics, de la législation et de l’administration, ce qui a causé la « disparition » de tous les peuples autochtones. Ils ont perdu leurs droits et étaient forcés de s’inscrire en tant que groupes d’autres populations. Cette expérience est l’opposé de celle des Sud-Africains noirs qui ont été forcés de porter des documents d’identité avec une différentiation de leurs identités ethniques et linguistiques.

L’Afrique du Sud a lancé un processus politique en 1997 afin de considérer les droits des peuples autochtones. Elle a créé un forum de négociation et a été le premier état africain à préconiser les droits des peuples autochtones durant le Groupe de travail des Nations Unies sur les peuples autochtones. Cependant, après le départ de la présidence de Nelson Mandela, le processus de reconnaissance des droits des peuples autochtones a stagné. Le gouvernement national a fait marche arrière et a refusé de considérer les normes et standards internationaux des droits des peuples autochtones. Il y a eu des tensions et rivalités entre les deux ministères en fonction: le Département pour les relations internationales et la coopération (DIRCO) et le Département pour la gouvernance et les affaires traditionnelles communautaires.

Le développement le plus significatif a été la promulgation en 2015 de la nouvelle version de l’Acte sur la direction et les institutions traditionnelles. Les peuples Khoe et San seront reconnus sous l’Acte révisé pour la première fois dans l’histoire sud-africaine. La nouvelle version reconnaitra la direction Khoe et San comme une structure autonome, qui n’est pas équivalente au système colonial et postcolonial des chefs Bantou (à noter: l’Afrique du Sud est le seul pays de la région où le terme Bantou a une connotation négative raciale et coloniale).

Les peuples Khoi et San de l’Afrique du Sud vaquent toujours à gagner la reconnaissance par le gouvernement de leur identité autochtone et de leurs droits aux terres. Ils ont pu progresser grâce à l’environnement législatif de l’Afrique du Sud. Malgré le fait qu’il n’y a pas de législation qui reconnaît formellement les peuples San et Khoikhoi, le gouvernement a agi pour exécuter le Protocole de Nagoya sous la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CBD). En 2013 et 2014, le Conseil National Khoi et San ont signé des accords avec les sociétés commerciales afin de négocier des dispositions de partage de bénéfices.  

En 2014, le gouvernement s’est réuni avec 900 Khoi et San pour discuter de leurs réclamations des terres historiques et des processus de restitution des terres. L’article 6 de la constitution sud-africaine mentionne les langues autochtones Khoi et San mais en réalité, le gouvernement a abandonné tout effort pour arrêter l’extinction de ces langues.

Le Khoekhoegowab est parlé par des milliers de personnes dans la province du Cap du Nord mais le Département National de l’Éducation n’a pas soutenu un programme d’étude pour cette langue en difficulté. Les objectifs à long terme des communautés San en Afrique du Sud sont des projets de production de revenus dans les secteurs des métiers traditionnels et de l’éco-tourisme, ainsi qu’une formation à l’emploi dans l’économie dominante et un meilleur accès aux emplois du gouvernement.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Angola

Les peuples autochtones en Angola comprennent les peuples !Xun et Khwe San et Himba, ainsi que d'autres groupes tels que Kwisi, Kwepe, Kuvale et Zemba. En 2014, l'insécurité alimentaire des peuples autochtones d’Angola est devenue un problème grave, en plus des graves sécheresses des années précédentes. Bien que le gouvernement de l'Angola ait pris des mesures pour renforcer les programmes de développement au cours des dernières années, son soutien des populations autochtones reste insuffisant.

Botswana

Le Botswana a une société civile autochtone dynamique en dépit des défis politiques et économiques. La conservation de la nature est l’intérêt mutuel et le renforcement du dialogue entre le gouvernement et les peuples autochtones. Les San sont les détenteurs de riches savoirs traditionnels sur la biodiversité, le comportement de la faune et le climat. Le gouvernement a un intérêt dans le développement de la conservation de la nature et du tourisme dans le cadre de son plan de développement national. Cependant les activités économiques traditionnelles durables telles que la chasse et la cueillette sauvage sont considérées comme primitives par le gouvernement et la chasse est devenue si réglementée que les familles ne peuvent pas obtenir un permis de chasse et se nourrir. Le 1er Janvier 2014, son Excellence le Président Khama a imposé une interdiction de la chasse à l'échelle nationale. Cependant, il y a encore des incertitudes à propos de l'interdiction et à qui elle s’applique.

Namibie

La Namibie est connue pour ses innovations progressives dans le domaine du régime foncier. Le système de conservation en Namibie permet aux communautés de gérer les zones rurales en tant que «zones protégées» où elles sont encore autorisés à exercer des activités économiques traditionnelles y compris la chasse et la cueillette. Ces zones protégées bénéficient du tourisme et de la chasse aux trophées ainsi que de la participation active des populations locales et autochtones dans la gestion de la faune. Les militants San travaillent sur diverses stratégies pour protéger leurs cultures et leurs moyens de subsistance tout en protégeant la nature.

La conservation N‡a Jaqna dans l’ouest de Tsumkwe est menacée de déclassement. La conservation NyaeNyae dans l’Est de Tsumkwe connaît l'invasion des terres par les agro-pastoraux. La ville de Windhoek a été réticente à soutenir les San contre plusieurs circonscriptions politiquement puissantes.

Le Sud de la Namibie a vécu des sécheresses successives exerçant une forte pression sur l'économie Nama. Le nord a connu des inondations ainsi que des sécheresses causées par l'instabilité climatique. Les peuples autochtones constatent la perte de la biodiversité, l'échec de certaines plantes sauvages de se reproduire naturellement et les difficultés à modifier le comportement des animaux sauvages sous les contraintes environnementales du changement climatique.

Le WWF et WIMSA ont travaillé avec le peuple Khwe pour aider à promouvoir le développement de la représentation d’une direction démocratique  même lorsque l'État a refusé de reconnaître les autorités traditionnelles.

Ordre chronologique des événements:

1904 – La conférence nationale Griqua est fondée en Afrique du Sud. La première organisation des peuples autochtones sur le continent africain;
1986 - Le Kuru Development Trust est officiellement mis en place au Botswana pour soutenir les peuples San.
1992 – La conférence régionale sur les programmes de développement pour les populations San d'Afrique tenue à Windhoek, le premier processus formel des droits des peuples autochtones San.
1996 – Le Groupe de travail sur les minorités autochtones en Afrique Australe (WIMSA) est fondé et représente les San en Namibie, en Afrique du Sud, en Zambie, au Zimbabwe et au Botswana; l’Angola a ensuite rejoint WIMSA.
1997 – Le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique adopte sa première Constitution à Genève et donne son mandat à l’institut San sud-africain pour mettre en place un secrétariat.
1998 - Le gouvernement sud-africain commence à négocier avec les Khoe et les San à propos d'un hébergement constitutionnel.
2004- Le gouvernement sud-africain crée un groupe de travail interministériel sur les questions des Khoe et San.
2005 - Le Rapporteur spécial des Nations Unies, Professeur Rodolfo Stavenhagen, est en visite en Afrique du Sud.
2005 - Un centre de formation de carte SIG est créé en Shakawe, Ngamiland, Botswana.
2006 - IPACC héberge un atelier régional en Namibie sur la façon d'évaluer et de certifier les compétences de suivi.
2006 – La Namibie présente le Groupe Afrique avec un Aide-Mémoire qui contredit la Charte africaine des Droits et de l'Homme et affirme que les peuples autochtones ne peuvent être reconnus en Afrique;
Décembre 2006 – La Haute Cour du Botswana décide que les San ont le droit de retourner sur leurs terres dans la Réserve de chasse du Kalahari Central. Il met en évidence leur statut en tant que peuples autochtones.
2007 - Les organisations San, Nama et Griqua créent un Groupe de travail pour les peuples autochtones et les zones protégées.
Septembre 2007 – Tous les États de la SADC supportent le vote de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones à l'Assemblée générale de l'ONU
2008 - La plupart des San qui ont été déplacés de la Réserve de Chasse du Kalahari Central ne sont pas autorisés à revenir.
2012 - Le Rapporteur spécial de l'ONU, James Anaya, se rend en Namibie.
2013 – L’IPACC organise un atelier sur le patrimoine mondial au Botswana. Les San approuvent l'inscription proposée du Botswana du delta de l'Okavango;
2014 - Le Rapporteur spécial des Nations Unies lance le rapport sur les droits des peuples autochtones en Namibie.
Juin 2014 - Le delta de l'Okavango est inscrit sur la liste du patrimoine mondial comme le 1000ème site.
Janvier 2015 – La Plateforme de plaidoyer pour les peuples autochtones namibiens (NIPAP) est établie.