• Afrique de l’Est

    Afrique de l’Est

    QUI SONT LES PEUPLES AUTOCHTONES D’AFRIQUE DE L’EST ?

    Les peuples autochtones d’Afrique de l’Est sont des chasseurs-cueilleurs ainsi que des éleveurs pastoraux qui précèdent historiquement la migration des peuples agro-pastoraux Bantouphone de cette région. Les peuples chasseurs-cueilleurs et pêcheurs sont entre autres les Hadzabe, Ogiek, Sengwer, Endorois, Aweer, Waata, Elmolo, Yiaku, Ik, Soo, Benet, Aasax, and Akie. Les peuples pastoraux transhumants sont entre autres les Maasai, Samburu, Borana, Rendille, Pokot, Pokomo, Karamajong, Datoga-Barabaig et Turkana. En Tanzanie, les fermiers Sandawe sont d’origine autochtone.

    L’Éthiopie a des traditions différentes de droits juridiques comparées aux autres pays. Il y a eu une considérable mobilisation de pastoraux pour réclamer le statut de peuples autochtones. L’IPACC n’a pour l’instant qu’un membre en Éthiopie des peuples Mursi de la Vallée de la rivière Omo. L’Éthiopie a une forte tradition de pastoralisme autochtone qui comprend les Afar de la région aride du Nord-Est.

LES DROITS DE L’HOMME

Les peuples autochtones d’Afrique font face à divers problèmes dont la discrimination ethnique, l’empiètement de leurs terres et de leurs ressources, la violence associée aux intérêts politiques et aux conflits environnementaux. Ils manquent de voix politiques dans les processus de prises de décisions et en ce qui concerne les effets de la corruption. Le problème le plus sérieux de la région est l’insécurité de la propriété foncière et des ressources naturelles. Ceci est aggravé par un intérêt croissant de rendre les terres et les minéraux disponibles aux multinationales sans reconnaissance des droits des peuples autochtones.

Les chasseurs-cueilleurs ont été « dé-proclamés » en tant que groupes ethniques selon la règle britannique au Kenya. Le déni des chasseurs-cueilleurs et des habitants des forêts est une menace importante aux Droits de l’Homme et aux droits civiques. De même, les pastoraux transhumants ont des difficultés à maintenir la sécurité foncière de leurs territoires et de leurs ressources. L’Ouganda, l’Éthiopie et le Nord du Kenya ont vécu des conflits civiques concernant les ressources rares pendant plus de deux décennies. Ces trois pays ont des problèmes sérieux de respect des standards des Droits de l’Homme; les violations sont souvent associées à la corruption du système politique et des services de sécurité de l’état.

En 2010, le Kenya a adopté une nouvelle Constitution qui mentionne pour la première fois les droits des communautés minoritaires et marginalisées et qui spécifie particulièrement que les chasseurs-cueilleurs doivent affirmer juridiquement leurs droits à la terre. Cependant, l’application effective de ces droits reste un problème pour le gouvernement. Les problèmes visibles des abus des Droits de l’Homme au Kenya comprennent une série d’actions violentes perpétrées par les Services forestiers du Kenya (KFS) contre les peuples autochtones vivant dans les zones protégées ou les forêts conservées. L’IPACC travaille avec différentes communautés et autorités pour promouvoir une stratégie nationale pour lier les Droits de l’Homme aux politiques et aux pratiques de conservation et  pour lutter contre le changement climatique.

Un des sujets les plus inquiétants de la région est la pratique courante de l’excision des femmes. Les représentants de l’IPACC ont été très actifs dans l’éducation des communautés Nilotiques à propos des problèmes de santé et des Droits de l’Homme associés aux formes extrêmes d’excision des femmes, aussi connus sous le nom de Mutilations Génitales Féminines (MGF). L’accès équitable à l’éducation reste un problème grave pour les peuples autochtones et particulièrement pour les filles autochtones. Les langues des chasseurs-cueilleurs sont en voie d’extinction à cause de leur marginalisation.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

La déforestation et la destruction des moyens de subsistance.

Le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda et l'Ethiopie ont tous des situations similaires dans lesquelles les peuples qui vivent traditionnellement dans les forêts naturelles et qui recueillent le miel sauvage et d'autres aliments de la forêt ne sont pas considérés en tant que propriétaires ou même utilisateurs de la terre. Leurs moyens de subsistance ne sont pas vus comme productifs par leur gouvernement qui croit que les seules activités économiques productives sont celles qui impliquent l'agriculture formelle.

La surface forestière du Kenya a diminué de 10% en 1963 à 1,7% en 2005. Dans la même période, les forêts des hautes terres éthiopiennes ont diminué de 16% à 2,7% et sont en baisse continue.

Les gouvernements encouragent les monocultures et les plantations de biocarburants industriels ainsi que la déforestation illégale et semi-légale. L’état de la forêt est à un niveau critique au Kenya et en Ethiopie. La déforestation et les changements climatiques restent des problèmes urgents pour les peuples autochtones de l'Est et de la Corne de l'Afrique. La destruction des pâturages, la déforestation, la sécheresse, l'accès à l'eau potable, la destruction des plantes et des animaux, et le déplacement des peuples autochtones sont tous des problèmes actuels. Une autre préoccupation majeure est le transfert des savoirs autochtones d'une génération à l'autre.

En Février 2010, la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a condamné l'expulsion des peuples Endorois de leurs terres au Kenya. La décision de la Commission soulève la question des droits fonciers des populations autochtones à un niveau régional et international. Le Kenya s’occupe plus sérieusement de ces questions, mais continue d'agir de façon incompatible à ses efforts de remédier à la discrimination systémique et aux préjugés juridiques.

En Janvier 2014, des milliers de personnes autochtones, les citoyens Sengwer, ont été relocalisés de force à Embobut par le gouvernement. Cela fait partie d'un cycle continu de victimisation et de violence envers les peuples autochtones forestiers au nom de la conservation.

Il y a en Afrique de l'Est des défis majeurs en ce qui concerne l’utilisation de la Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO et des sites inscrits au patrimoine mondial. Aucun pays n’a réussi à fournir des exemples de participation des peuples autochtones à l’inscription, à la gouvernance et à la gestion à long terme de ces sites dans le cadre du traité mondial. Les sites les plus importants comme le Cratère Ngorongoro, le Mont Elgon, le lac Bogoria et le lac Turkana sont fortement menacés. L’Éthiopie et le Kenya semblent conspirer à la destruction du lac Turkana via la construction d'un projet de barrage sur la rivière Omo, le barrage Gibe III. Les peuples autochtones et les écologistes ont exprimé leur indignation face aux menaces qui pèsent sur l'un des Grands Lacs intérieurs de l'Afrique.

La République unie de Tanzanie a réussi à convaincre la Banque mondiale de ne pas appliquer ses directives opérationnelles sur les droits des peuples autochtones en ce qui concerne les nouveaux projets d'exploitation économique et de la terre.