• L’Afrique de l’Ouest

    L’Afrique de l’Ouest

    QUI SONT LES PEUPLES AUTOCHTONES DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ?

    En Afrique de l'Ouest, plusieurs groupes s’identifient comme peuples autochtones en raison de leur occupation historique du Sahara et du Sahel, de leur adhésion continuelle aux systèmes économiques et culturels du pastoralisme et de leur marginalisation de l'économie politique. Ces peuples comprennent les Mbororo (Bororo / Wodaabe), les Touareg, Toubou (Téda et Daza). Les Mbororo font partie d’un groupe linguistique plus large, les Peulh en Afrique de l'Ouest. Ces groupes adhèrent à leurs cultures traditionnelles nomades, à leurs territoires et à leurs identités.

    Dans le contexte postcolonial, les peuples transhumants du désert du Sahara et des oasis sont politiquement dominés par les peuples agricoles sédentaires vivant dans le sud. Cette marginalisation sahélo-saharienne de l'environnement nomade, d'abord sous la domination coloniale et ensuite sous les nouveaux Etats indépendants, a poussé ces peuples autochtones à se mobiliser et à faire valoir leurs droits collectifs.

    D'autres groupes tels que les chasseurs Bassari du Sénégal et les chasseurs Némadi de la Mauritanie sont également dans des situations vulnérables. Ces personnes sont confrontées à de graves perturbations de l'environnement et de la biodiversité dans lesquels ils vivent qui sont principalement causées par l'exploration et l'exploitation d’autres ressources naturelles telles que l'uranium et par les violations des droits de l'homme qui résultent de l’exploitation du pétrole.

    Toute la région est sous tension à cause de la politique internationale des carburants et des énergies fossiles qui a exacerbé l'instabilité politique et a déclenché une guerre civile dangereuse au Mali. Les racines des problèmes sont présentes dans des systèmes démocratiques faibles qui sont manipulés par des forces extérieures puissantes. Plusieurs pays voisins contribuent au financement et à l’instabilité militaire dans le Sahara/Sahel.

LES DROITS DE L’HOMME

Les conflits armés

De 1991 à 1995, la région Saharo-Sahélienne de l'Afrique de l'Ouest a été le théâtre d'un conflit armé civil grave et de violations extrêmes des Droits de l'Homme. Le conflit est enraciné dans les politiques qui ont été conçues pour exclure les nomades de la gestion des affaires publiques et des décisions du gouvernement.

La situation actuelle est fluide avec une stabilisation importante au Niger, une décentralisation administrative et une participation des Touaregs et d'autres pastoraux dans l'administration de la région d'Agadez ainsi que dans le gouvernement et à l'Assemblée nationale. L'élection de Mahamadou Issoufou au Niger a considérablement stabilisé ce pays et a amené toutes les communautés à participer à l'économie politique nationale.

Au Mali, le conflit Nord-Sud reste très sensible en raison de la forte présence des Islamistes armés (MUJAO et Al-Qaïda) et d’un processus insuffisant entre le gouvernement de Bamako et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) - les forces rebelles touareg du Nord. L’Union européenne, les États-Unis et les intérêts du Golfe ont alimenté des stratégies liées au pétrole au Mali, la promotion de l'instabilité et la volonté de décourager toute référence aux Droits de l'Homme dans les négociations de paix. Les mouvements armés soi-disant islamistes seraient impliqués dans le trafic de drogue et dans la contrebande d'armes et sont financés par des intérêts étrangers. La guerre est devenue plus sérieuse dans la deuxième partie de 2015 menaçant la paix dans toute la région.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Sécheresses et insécurité alimentaire

L'économie politique contemporaine de la région saharo-sahélienne a été grandement influencée par les fluctuations de son climat et par le déclin de sa biodiversité qui auparavant maintenait la civilisation humaine depuis des millénaires.

Au début des années 1970, une multitude de sécheresses ont dévasté le nord pastoral déstabilisant l'économie rurale en poussant les éleveurs dans les zones urbaines. Les cycles de sécheresse et les conflits ont exacerbé le déclin de la biodiversité, y compris la disparition partielle d’un certain nombre d’espèces. Ces chocs environnementaux ont également contribué à stresser grandement les pastoraux, à une perte de bétail et à une migration urbaine.

La conservation de la biodiversité est essentielle pour tous les peuples pastoraux. Les Touaregs de la région de l'Aïr du Nord du Niger ont adapté leurs systèmes traditionnels de gouvernance pour promouvoir la conservation et pour fusionner avec la refonte du système politique qui a offert la possibilité d'une décentralisation émergente. Une grande partie de la région est maintenant sous la direction du Site du patrimoine mondial de l'Aïr et du Ténéré.

L'exploitation des ressources naturelles et la pollution

Le Sahara a été ciblé comme un site important pour l'uranium et les mines de charbon ainsi que pour l'extraction de combustibles fossiles. La Mauritanie est devenue un site important pour les compagnies pétrolières occidentales, ce qui a une incidence sur la dynamique militaire régionale. Tous les pays connaissent de graves pollutions liées aux exploitations minières ainsi qu’à la sur-utilisation des ressources limitées de bois et d’eau. La crise la plus grave a été l'infection radioactive des eaux souterraines par les entreprises d'uranium française.

Le Sahara dépend de l'approvisionnement en eau souterraine et de son réseau d'oasis pour les êtres humains, les oiseaux migratoires et la vie animale. La sur-extraction de l’eau des aquifères ainsi que l'extraction du bois et de la faune par les braconniers pourraient conduire à l'effondrement total de l'écosystème saharien. Le Niger a récemment poursuivi l’armée pour le braconnage d'espèces d'antilopes rares au nom des entreprises chinoises dans ce pays.

Le Congrès sahélien et saharien d’Agadez de l’IPACC a organisé en 2006 une commission spéciale sur les questions environnementales. Parmi les problèmes mentionnés sont cités: la pollution de l'exploitation pétrolière au large des côtes de la Mauritanie, l'envahissement du fleuve Niger au Mali, l'exploitation minière de surface d'une mine d'uranium au Niger, les décharges de matières toxiques en Algérie et dans d'autres pays et le pipeline qui traverse les territoires Mbororo au Tchad et au Cameroun.

Récemment, l'exploitation minière artisanale de l'or près de la frontière libyenne au Niger est soupçonnée de créer de nouvelles menaces pour l'environnement et une crise sanitaire.