• Le Bassin du Congo

    Le Bassin du Congo

    QUI SONT LES PEUPLES AUTOCHTONES DU BASSIN DU CONGO?

    Les peuples autochtones de la région du Bassin du Congo sont principalement des chasseurs-cueilleurs vivant dans la forêt tropicale souvent appelés «Pygmées» et les pastoraux transhumants Mbororo dans le Sahel.

    Les peuples autochtones sont ethniquement divers et sont inclus dans le groupe appelé "Pygmées", il y a les Aka, les Bagyeli, les Bakola, les Bakoya, les Baka, les Babenjelle, les Babi, les Bacwa, les Babongo et d'autres personnes dans les régions de la forêt tropicale du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Gabon, de la Guinée équatoriale et de la République du Congo. Ces différents peuples ont chacun leur propre langue, leur histoire, leur culture et leur origine.

    Les éleveurs nomades Mbororo vivent principalement dans les régions frontalières du Tchad, du Cameroun et de la République centrafricaine jusqu’au Bénin. Ils font partie d’une communauté linguistique et culturelle plus large appelée Peulh présente en Afrique de l’Ouest.

LES DROITS DE L’HOMME

La République du Congo a été le premier pays africain à adopter un cadre législatif national pour la protection des droits des peuples autochtones en alignement avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La République centrafricaine est le seul état africain à avoir signé la Convention 169 de l'OIT.

Les peuples autochtones des forêts tropicales sont vulnérables à plusieurs violations des Droits de l'Homme, à la discrimination, à une exclusion de l'éducation, à l'insécurité foncière, à l'exclusion du système de leadership traditionnel, au travail forcé, aux cas d'esclavage, aux viols de femmes et de filles, aux abus sexuels par des propriétaires de terres dans les exploitations agricoles, à de très faibles niveaux d'accès aux services de santé et à d'autres formes d'insécurité et d'abus. La majorité des peuples autochtones de la région du Bassin du Congo ne disposent pas de cartes d'identité nationales et leur citoyenneté est régulièrement remise en question.

Même si un village a une majorité autochtone, il est encore très rare pour un "Pygmée" d’être autorisé à être chef de village. Ceci est la base d'une forte exclusion de la participation à la prise de décision.

Les habitants des forêts autochtones sont régulièrement pris au piège entre le braconnage mené par les populations dominantes et les efforts de conservation souvent financés par des ONG internationales. Les Pygmées sont détenteurs de compétences sur la biodiversité et de savoirs sophistiqués notamment en matière de chasse animale mais en raison des hauts taux d'analphabétisme ils sont exclus d’emplois décents dans les zones protégées.

L’IPACC en coopération avec PIDP et le Fond pour la conservation de la nature (WWF) a lancé un nouveau programme de formation aux droits de l'homme en République centrafricaine.
Les éleveurs Mbororo migrent à l'intérieur et à travers plusieurs pays du nord du Bassin du Congo. Il y a de plus en plus de conflits entre les éleveurs et les agriculteurs, ces derniers ayant un soutien politique plus important pour occuper des terres pastorales pour l'agriculture de subsistance. L’accès des pastoraux à la terre est limité en dépit de leurs besoins en matière d'eau et de pâturages.

La majorité des Mbororo est analphabète et ne peut pas avoir accès aux services publics, ce qui les rend souvent victimes de discrimination et d'exploitation par les agriculteurs voisins. En outre, leur manque d'esprit communautaire, leur mode de vie individualiste et leurs institutions traditionnelles faibles expliquent le manque de représentation politique des Mbororo à l'échelle nationale.

Récemment, les Mbororo ont été victimes des attaques de Boko Haram, le mouvement armé extrémiste nigérien spécialiste dans les enlèvements de jeunes filles et des communautés. En RCA, la situation de sécurité est extrême avec de terribles meurtres, de la violence et un conflit exacerbé entre musulmans et chrétiens après l'effondrement de l’administration nationale.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

La déforestation

Les Pygmées des communautés du Bassin du Congo sont constamment menacés par l'exploitation des terres et des forêts. Les niveaux élevés de corruption encouragent l'exploitation forestière illégale et une mauvaise conduite environnementale qui endommagent souvent leurs ressources ancestrales, les forêts sacrées et la biodiversité. La construction d'infrastructures se fait sans consulter les populations locales et mène au déplacement forcé et à la perte de moyens de subsistance.

Une des plus grandes sources de préoccupation pour le Bassin du Congo provient de la déforestation causée par l'exploitation forestière par des entreprises privées. Une société malaisienne a été impliquée dans le trafic humain, la surexploitation, la corruption et l’abatage de la forêt primaire sur le territoire autochtone. Cela a des effets désastreux sur l'environnement, la biodiversité et les forêts de ces peuples.

De nombreux organismes internationaux ont des intérêts dans le Bassin du Congo, mais la coordination entre les ONG est encore faible, ce qui met les populations autochtones dans une position difficile.

Il existe plusieurs instruments et mécanismes pour relever les défis de la déforestation et de la dégradation de la biodiversité comme le Fond du Bassin du Congo, le COMIFHAC, FSC, CARPE et autres. Les peuples autochtones luttent pour que la société civile se fasse entendre dans ces grands corps de l'état.

Le Forum International des peuples autochtones (FIPAC) est un organisme qui crée un dialogue entre les gouvernements nationaux et les peuples autochtones sur les questions de l'environnement et des Droits de l’Homme.