• Les Grands Lacs

    Les Grands Lacs

    QUI SONT LES PEUPLES AUTOCHOTNES DE LA RÉGION DES GRANDS LACS ?

    Les peuples autochtones de la région des Grands Lacs sont ou étaient des chasseurs-cueilleurs vivant dans la forêt tropicale, connus sous le nom de « Pygmées ». « Pygmée » était le nom colonial portant une connotation négative. Dans les langues locales, les peuples autochtones sont connus sous leurs noms ethniques : les peuples Batwa ou Bambuti.

    Les Batwa sont génétiquement, culturellement et économiquement distincts de leurs voisins Bantous et d’autres fermiers. Bien qu’ils aient habité la région pendant des dizaines de milliers d’années avant les peuples parlant Bantou, durant la période pré-coloniale les peuples Bantous se sont accaparés de parties importantes des territoires autochtones. L’économie autochtone des ressources naturelles a été partiellement protégée par le contexte environnemental de la forêt tropicale qui limite l’agriculture.

    Pendant des siècles, il y a eu une sorte de relation entre les peuples sédentaires Bantous et les peuples Pygmées mobiles basée sur le commerce, l’échange et le mariage mixte.

    Durant les périodes postcoloniales et coloniales, la plupart des Batwa n’étaient pas considérés comme citoyens et n’avaient pas de certificats de naissance. Après l’indépendance ont eu lieu des politiques de développement et une vie sédentaire accentuée dans les villages, ce qui a eu un impact négatif sur l’indépendance et la santé des peuples autochtones de la région.

    De plus en plus, les Batwa se sont trouvés en position subordonnée à leurs voisins Bantous; les peuples autochtones se sont trouvés sans sécurité foncière, sans accès à l’éducation et souvent susceptibles de travail forcé. En raison des conflits armés dans la région, la vulnérabilité sociale et économique des peuples autochtones s’est transformée en violations des Droits de l’Homme les plus extrêmes: viols, tortures, meurtres, cannibalisme et génocide.

    Aujourd’hui, il y a plus de 700 000 « Pygmées » en Afrique centrale appartenant à plusieurs groupes culturels et linguistiques. Les populations Batwa et Bambuti se trouvent majoritairement dans la région de Grands Lacs entre le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et la RDC. À l’Ouest, on trouve les Bagyeli, les Bakola, les Bakoya, les Baka, les Aka, les Babenjelle, les Bacwa, les Babongo et autres.

LES DROITS DE L’HOMME

La situation des Droits de l’Homme des peuples autochtones dans la région des Grand Lacs est toujours très sérieuse  malgré les efforts positifs qui ont augmenté la reconnaissance formelle de leur présence. Plus sérieusement encore, les peuples autochtones de cette région sont sous la menace constante d’une nouvelle menace de génocide.

Le contexte des guerres périodiques et des conflits politiques s’ajoute à plusieurs problèmes rendant les peuples autochtones exceptionnellement vulnérables à la violence, au travail forcé, aux viols, à la marginalisation, à la discrimination et au déni de leurs droits spécifiques par les autorités, la politique-administrative et les milices traditionnelles.

Les défis de l’accès à la terre, de la sécurité juridique et des territoires traditionnels autochtones, et le manque d’accès aux documents de statuts civils (naissance, mort, mariage, identité, carte de citoyenneté, carte de vote etc.) maintiennent la fragilité de ces peuples.

Enfin, l'absence d'une loi reconnaissant les droits spécifiques des peuples autochtones Pygmées dans la plupart des pays de la région des Grands Lacs indique combien une meilleure conscience politique est nécessaire. La République Démocratique du Congo étudie une nouvelle législation à cet égard. L'Examen périodique universel des Nations Unies a fait quatre recommandations spécifiques concernant les droits de l'homme sur les questions autochtones en RDC qui doivent être poursuivies.

L’IPACC et KIOS ont travaillé avec PIDP-Kivu sur un projet ambitieux visant à documenter les violations des droits de l'homme et à fournir des statistiques à l'ONU pour aider avec les systèmes d'alertes précoces pour la prévention du génocide.

Depuis 2005, le gouvernement rwandais a changé sa position vis-à-vis de la tolérance de la Communauté des Rwandais autochtones (CAURWA) - la plus grande ONG autochtone dans la région. La CAURWA a été interdite selon le motif que cette ONG intervient au nom d'une circonscription ethnique spécifique. Les droits des peuples autochtones dans ce pays sont fragiles et volatiles. En vue du fait que le Président Kagame se mobilise pour changer la constitution pour se donner un mandat additionnel, la menace de violence augmente. Les Batwa doivent s'identifier comme «potiers», un métier traditionnel et un pseudonyme toléré par l'Etat.

Conflits Armés

La région des Grands Lacs nécessite une attention urgente afin de mettre fin au conflit armé, de rétablir l'état de droit et de protéger les droits fondamentaux des peuples autochtones pour empêcher un nouveau génocide.

La situation politique au Burundi, au Rwanda et en République Démocratique du Congo rend tous les pays des Grands Lacs instables. L'expérience des années 1990 indique que les peuples autochtones sont souvent les premières cibles de violences, y compris la violence génocidaire comme dans le cas du Rwanda où un tiers de la population Pygmée a péri au cours de conflits menés par des groupes ethniques majoritaires pendant la guerre de 100 jours.

Depuis le génocide au Rwanda, les Batwa des trois pays des Grands Lacs ont été mis dans différentes positions de vulnérabilité. Les femmes ont connu des viols de masse en RDC. Il y a eu des milices commettant du cannibalisme en RDC et l'utilisation généralisée du travail forcé ainsi que des meurtres ou de fausses accusations.

De nouvelles menaces dans la région sont, entre autres, une forte augmentation de la violence dans la province du Katanga et une agitation politique concernant les politiques présidentielles. En 2015, le Burundi, surtout le Bujumbura, a vu une nouvelle vague d'instabilité après les efforts de Pierre Nkurunziza à insister sur un troisième mandat à la présidence de la République. Le Président Kagame au Rwanda a également indiqué son intention de modifier la constitution pour étendre sa présidence.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENTAL

Comme d'autres régions d'Afrique, l'Afrique centrale souffre de profonds changements climatiques et de perte de biodiversité notamment en raison de la déforestation et des impacts des industries extractives et minières. Les saisons des pluies sont aussi constamment désordonnées.

Dans toute la région des Grands Lacs, de nombreux ateliers et des activités ont été organisés pour aider à sécuriser la terre et la foresterie communautaire foncière et pour promouvoir le droit d'accès à la terre pour les autochtones.

L’IPACC a lancé le premier projet de cartographie 3D participative au Gabon qui a été reprise dans la République démocratique du Congo par diverses ONG, y compris le Réseau des ressources nationales en RDC (RRN). Ce travail a été important pour la protection des droits et des moyens de subsistance des Batwa qui sont menacés par la déforestation, l'industrie et les zones protégées.

Le reboisement communautaire et individuel des sites dégradés autour des territoires de l'Est de la RDC est encore une activité cruciale pour la sécurité juridique des territoires autochtones traditionnels.

En coopération avec la Norvège et le Programme des peuples forestiers, les peuples autochtones de la RDC ont mené des campagnes de sensibilisation dans les zones protégées et dans les sites du patrimoine mondial. L’IPACC a travaillé avec PIDP pour étudier les mécanismes et les normes relatives aux Droits de l'Homme liées à la Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO.

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